Construction écologique : matériaux, tendances et techniques

Il fut un temps où toutes les constructions étaient vertes. Les peuples nomades des steppes comptaient sur des yourtes en feutre et en bois pour suivre leurs troupeaux. Les archéologues d’Irlande et de Galice sont en train de reconstruire des maisons rondes celtiques avec des murs en paille et en boue, et des toits littéralement verts. De l’autre côté de l’Atlantique, les peuples indigènes de la Méso-Amérique et les Espagnols ont perfectionné les constructions en pisé.

Avec le développement de l’industrie et des transports, les matériaux locaux naturellement acquis ont fait place à des solutions artificielles moins coûteuses et plus rapides à obtenir. Cependant, avec une conscience environnementale accrue et la nécessité de réduire les émissions et les déchets, l’industrie de la construction se tourne à nouveau vers des matériaux et des technologies plus écologiques.

Construction écologique

Quels matériaux choisir pour une construction écologique ?

La terre

Il serait difficile de trouver un matériau qui soit plus local et plus durable que la terre. Les nouvelles technologies ont permis d’obtenir une durabilité semblable à celle du béton en n’utilisant que de la terre battue. Connue et utilisée dans la construction depuis l’Antiquité, la terre est comprimée dans des coffrages en bois et renforcée avec des barres d’armature ou du bambou. Les tampers mécaniques utilisés pour le pilonnage réduisent le processus autrefois laborieux de compactage pour créer des murs solides.

Le béton de chanvre

Le béton de chanvre est un produit au nom bien évoquant, un matériau semblable au béton renforcé par les fibres ligneuses internes de la plante de chanvre. Les fibres sont liées par de la chaux pour créer des blocs de construction à la fois solides et légers. Cela signifie qu’une quantité beaucoup plus importante de ces blocs peut être déplacée en une seul fois, ce qui réduit l’énergie utilisée sur un chantier. Le chanvre est un exemple parfait de ressource renouvelable à croissance rapide.

Le Ferrock

De nouveaux matériaux comme le Ferrock font l’objet de recherches pour remplacer le béton. Un mélange de matériaux recyclés, y compris de la poussière d’acier provenant de l’industrie sidérurgique, est utilisé pour créer un produit semblable au béton et même plus résistant que celui-ci. Ce matériau unique absorbe et piège le dioxyde de carbone en séchant et en durcissant naturellement. Il est donc non seulement moins intensif en CO2 que le béton, mais aussi neutre en carbone.

Les coffrages permanents

Les émissions de CO2 des chantiers de construction deviennent un problème, surtout dans les zones densément peuplées. En utilisant des coffrages en acier formé à froid, fabriquées et livrées selon les spécifications de votre chantier, vous pourrez terminer les planchers plus rapidement qu’en utilisant du bois.

Contrairement aux planches en bois, qui doit être enlevé après la prise du béton, le coffrage permanent reste dans la structure, avec zéro déchet sur le chantier. De plus, ils sont coupées de manière droite et précise, ce qui évite tout risque de déformation ou de flexion lors de la prise du béton.

Le béton de bois

Semblable dans sa structure au béton de chanvre, le béton de bois est composé de sciure et de ciment mélangés ensemble. Il est beaucoup plus léger que le béton et peut donc être transporté facilement, avec des émissions réduites. Ingénieusement, la sciure de bois réutilise le produit qui serait autrement gaspillé et remplace certains composants énergivores du béton traditionnel. Tout comme le béton ordinaire, il peut être moulé en formes traditionnelles comme des blocs, des pavés et des briques.

Le bambou, une nouvelle tendance

Bien qu’il ait connu une forte tendance ces dernières années, le bambou est un matériau de construction utilisé depuis plus d’un millénaire. Sa grande résistance à la traction, sa légèreté et sa croissance rapide en font un matériau de construction durable idéal. Même si nous ne vivrons pas assez longtemps pour le voir dans la construction des gratte-ciels et la construction industrielle, le bambou a été reconnu comme un parfait substitut aux matériaux coûteux et lourds pour l’ossature des bâtiments et des abris, en particulier dans les zones à faibles revenus et dans les constructions post-catastrophe. Les constructions en bambou risquent bien de se développer de manière significative dans les prochaines années !

Quelles sont les méthodes de construction écologiques ?

L’architecture à ventilation croisée

Toutes les solutions vertes ne sont pas basées sur de nouveaux matériaux. Parfois, la conception du bâtiment est modifiée dans le sens d’une meilleure efficacité énergétique, ce qui entraîne une réduction des émissions, à l’instar de la technologie Lumiventt.

Cette approche architecturale permet de tirer le meilleur parti de la lumière naturelle et de la circulation de l’air dans les immeubles de grande hauteur. Grâce à des atriums de jardin de trois étages tous les cinq étages et à des aérations sur les deux côtés du bâtiment, les principes de base de la circulation de l’air sont traduits dans la conception des immeubles.

Le toit écologique

Les toits fabriqués avec des bardeaux spéciaux et de la peinture réfléchissante, ont une haute réflectance et une forte émission thermique. A l’unisson, ces propriétés garantissent moins de chaleur dans les maisons.

Les toits verts, en plus de réduire le besoin de systèmes de climatisation et la consommation d’énergie ainsi que d’augmenter le confort des occupants, ont permis de réduire l’effet d’îlot de chaleur dans les banlieues.

Les maisons passives

Les maisons passives n’ont pas fini de faire parler d’elles ! Même si en moyenne leur coût de construction est d’environ 20% supérieur à une construction classique, l’investissement de départ est rapidement amorti par les économies réalisées à l’année sur les factures de chauffage. Car une maison passive, construite avec les bonnes techniques et les bons matériaux, est comme son nom l’indique « passive : elle utilise l’apport de chaleur du soleil pour se chauffer naturellement, et conserve la chaleur acquise avec des matériaux très isolants, permettant une bonne ventilation et étanchéité de l’air à l’intérieur. C’est donc une maison pratiquement sans chauffage qui utilise une énergie propre pour se chauffer !  Rendez vous compte : en moyenne, une maison passive de coûte qu’entre10 et 25 euros par mois en chauffage, et n’a pas besoin de plus de 15 kWh par m² et par an. Des performances thermiques encore inégalées !

Conclusion

Le fait de tourner la page verte apporte un certain nombre d’avantages que les entreprises et les propriétaires ne peuvent ignorer. Certains de ces matériaux et technologies réduisent les émissions du site et les déchets de production, les autres fonctionnent sur le long terme, augmentant l’efficacité énergétique du bâtiment.